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    Aujourd’hui, les 16337 cahiers de doléances sont classés dans des cartons au fond des 101 archives départementales françaises.

     

     

    La démocratie participative. C’est ce sur quoi avait misé Emmanuel Macron il y a un an jour pour jour afin de sortir de la crise des « gilets jaunes ». Pour ce faire, le chef de l’État avait donc lancé le 15 janvier 2019 le Grand débat national, accompagné de cahiers de doléances permettant aux citoyens de faire part de leurs revendications. Mais comme l’explique Marianne qui s’appuie sur le site Les Jours et France 2, ces 16000 cahiers qui devaient être mis en ligne, restaurer l’échange avec la population et être un modèle de « transparence », n’ont jamais été mis en ligne. Une déception pour certains maires qui faisaient preuve d’optimisme et qui avaient misé sur cette initiative.

    En réalité, selon l’enquête de France 2, les préfectures qui ont récupéré les cahiers, les ont bien transmis à la BNF (Bibliothèque nationale de France), qui elle-même les a transformés en les numérisant. Sauf que derrière, le gouvernement n’a jamais publié toutes les données recueillies sur internet. À la place, selon Marianne, il a décidé de publier une synthèse de 185 pages qui reprend peu ou prou certaines doléances. Intitulé « Analyse des contributions libres : cahiers citoyens, courriers et emails, comptes-rendus des réunions d'initiative locale », il retranscrit surtout des graphiques sur des sujets loin d’être clivants.

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    « Problème technique »

    Alors quelles en sont les raisons ? Les réponses divergent, souligne Marianne. Pour Sébastien Lecornu, ministre auprès de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, le souci est technique. « Les cahiers citoyens représentent des téraoctets de données, les héberger en permanence sur le site aurait été trop lourd à mettre en place », dit-il. Autre son de cloche du côté de l’administration qui met en avant un problème de financement.

    Or la mise en ligne de ces cahiers de doléance était une promesse du chef de l’État. Le gouvernement avait martelé à l’époque que « l’ensemble des contributions au débat, qu'elles aient été envoyées par voie postale, par courriel ou via les formulaires en ligne, serait à terme accessible à tous », allant dans le sens des déclarations d’Emmanuel Macron qui parlait d’échange et de débat. « Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence », avait-il promis. Pour rappel, avant sa démission, la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno, avait refusé de souscrire à « une campagne de communication ». Aujourd’hui, les 16337 cahiers de doléances sont classés dans des cartons au fond des 101 archives départementales françaises.

    Le mardi 5 mars 2019, Édouard Philippe avait l'honnêté de prévenir les Français à propos du "Grand débat" : "Le risque déceptif est important". Il ajoutait: "Il faut préparer nos concitoyens à ce que les propositions à la sortie ne soient pas les réponses à toutes les remontées des débats". Et à ce que le contenu des débats disparaissent à leur tour, visiblement.

     

     

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