• sur le Net... limpossibilité de définir le politique...

     L’équipe Agrithéâtre   &   Kazimir Malevitch - Square-1913

     

    On s’en remet aux grecs, pour l’invention de la démocratie ; on s’en remet aux lumières , pour l’invention des droits de l’homme, on s’en remet à Marx pour une critique du capitalisme, à Hegel pour la dialectique du maître et de l’esclave, et ce toujours et sans fin, avec un aveuglement stupéfiant. Cet aveuglement est essentiellement universitaire et libéral. Toutes les institutions sont vieilles, et ne répondent plus aux questions écologiques et existentielles. Seule la jeunesse peut réagir et faire œuvre de proposition et de déconstruction. 

     

    Encore un mot suremployé, comme s’il semblait promettre. Quoi ? Mais un rebricolage du monde, avec les mêmes pièces, capitalisme vert, formation continue, énergie renouvelable, agriculture bio, la liste est longue. Non, la déconstruction ce n’est pas ça.  Il ne s'agit pas d'expliquer, mais de déplier, de rendre compte de l'héritage dont le texte est le gardien. Aucun pouvoir ne saura jamais justifier ce questionnement critique, qui ne renonce pas à la raison mais revendique au contraire une "hyperrationalité", inconditionnelle, qui suspend toutes les conventions préalables.  

     

    Le projet derridien flirte avec l’impossible, mais seul donne l’ouverture du possible, et c’est devant cette chose que vont se trouver les jeunes générations. La question écologique est une question hors normes, nous qui précisément bornons et normons tout. L’heure est à quitter les chiffres et se réconcilier avec le spirituel, l’invisible et l’animal. Bref, le vivant.  

     

    J’entends aujourd’hui d’anciens éléphants du PS rendre responsable de l’effondrement de ce parti leurs propres collègues. Ils tiennent des raisonnements et des paris sur un premier ministre à nommer incessamment, par un président innommé en quelque sorte par un a-peuple, « a » privant ce « peuple » de son existence même : il n’y a plus de peuple, seulement des individus perdus dans le langage, langage détruit par la fabrication néolibérale du désir. Le président n’est plus représentatif sauf des rouages capitalistiques qui font tourner une machine qui est totalement dépourvue d’intelligence, dans le sens où nous sommes censé désormais prêter à la machine cette caractéristique humaine, et animale. On ne parle pas, remarquez le bien, d’instinct machinique. Si vous massacrez un ordinateur à coup de marteau, il se laissera faire, un tigre non. Summum de soumission chez la machine, qui remplace l’homme insoumis. Volonté totale de soumettre l’homme à un avenir sans réflexion, un avenir plat, dans un monde plat, où le désir même est fabriqué. 

     

    Déconstruire la mort, voilà le projet présent. Et cette fameuse déconstruction commence là. Mais déconstruire la mort c’est aussi déconstruire la vie, et l’on voit assez vite que ce mot se passe de définition, car son essence est peut être aporétique, dès lors méfions nous de son emploi. Restons en  au fait que la déconstruction doit être une grâce, avant tout. 

     

     

     

     

     

     

     


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  • dans les livres...  invasion de l'Ukraine

     

     

    J'ai relevé ceci dans ‘’le choc des civilisations’’ de Samuel Huntington paru en 1997.

    Ouvrage prémonitoire selon les uns ou élucubrations vaines de sens selon les autres, autres par ailleurs tenants d’un monde libéral universel.*

     

    Pages 32 & 33, l’auteur cite d'abord John Mearsheimer (1993) qui s’appuie sur le paradigme étatique :  «  La situation entre la Russie et l'Ukraine est mûre pour qu'éclate entre elles un conflit de sécurité. De grandes puissances que ne séparent pas une longue frontière naturelle comme c'est le cas pour l'Ukraine et la Russie craignent pour leur sécurité et en viennent donc souvent à devenir concurrentes. La Russie et l'Ukraine devraient dépasser cette dynamique et apprendre à vivre en harmonie mais il serait étonnant qu'elles y parviennent. »

    Et Samuel Huntington de poursuivre en 1997 :  « à l'inverse l'approche civilisationnelle met l'accent sur les liens culturels, personnels, et historiques qui unissent la Russie et l'Ukraine et le mélange de russes et d'ukrainiens qui vivent dans les deux pays. [mais] Elle attire l'attention sur la frontière civilisationnelle qui sépare l'Ukraine orthodoxe à l'est de l'Ukraine uniate à l'ouest.

    Tandis que l'approche étatique évoque la possibilité d'une guerre russo-ukrainienne l'approche civilisationnelle montre qu'elle est peu vraisemblable. Au lieu de cela il est possible que l'Ukraine se divisent en deux. Les facteurs culturels qui expliquent cette éventuelle séparation conduisent à prédire qu'elle serait plus violente que celle qu’a connue la Tchécoslovaquie mais moins sanglante que l'éclatement de la Yougoslavie.

    Ces différentes prédictions à leur tour induisent différentes priorités politiques. Les prédictions de Mearsheimer quant à la possible guerre de conquête de l'Ukraine par la Russie le conduisent à approuver le fait que l'Ukraine dispose d'armes atomiques. L'approche civilisationnelle quant à elle inciterait plutôt à favoriser la coopération entre les deux pays, à pousser l'Ukraine à renoncer aux armes atomiques, à mettre en place une aide économique significative et d'autres mesures permettant de préserver l'unité et l'indépendance de l'Ukraine et enfin à prévoir un plan d'urgence en pas d'éclatement de l'Ukraine. »

     

    Nous sommes en 2022 et l’actualité donne tristement raison à ces deux prédictions de 1993 & 1997, la première sur le fait d’invasion, la seconde sur le motif de cette invasion.

     

    Comment cela a-t-il donc pu se produire ?

     

    * donc fondé sur la culture occidentale…

     

     jlmi  avr 2022

     


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  •   Notes de Pierre Mercy, traduction de Valérie Charlez

    Masters of War Maîtres de la Guerre
    Come you masters of war
    You that build all the guns
    You that build the death planes
    You that build the big bombs
    You that hide behind walls
    You that hide behind desks
    I just want you to know
    I can see through your masks
    Vous, maîtres de la guerre
    Qui fabriquez toutes ces armes,
    Construisez les avions de la mort
    Et fabriquez ces grosses bombes
    Qui vous cachez derrière des murs,
    Vous abritez derrière des bureaux
    Je veux que vous sachiez
    Que je vois au travers de vos masques
    You that never done nothin'
    But build to destroy
    You play with my world
    Like it's your little toy
    You put a gun in my hand
    And you hide from my eyes
    And you turn and run farther
    When the fast bullets fly
    Vous qui n'avez jamais fait
    Que construire pour démolir
    Vous jouez avec le monde
    Comme si c'était votre petit jouet
    Vous nous procurez des armes
    Et puis disparaissez de notre vue
    Pour vous éloigner et vous cacher
    Quand les balles sifflent
    Like Judas of old
    You lie and deceive
    A world war can be won
    You want me to believe
    But I see through your eyes
    And I see through your brain
    Like I see through the water
    That runs down my drain
    Comme Judas autrefois
    Vous mentez et trompez
    Vous voulez nous faire croire
    Qu’une guerre mondiale peut se gagner
    Mais je vois à travers vos yeux
    Et je vois à travers vos cerveaux
    Comme je vois à travers les eaux
    Qui s'écoulent dans nos égouts
    You fasten the triggers
    For the others to fire
    Then you set back and watch
    When the death count gets higher
    You hide in your mansion
    As young people's blood
    Flows out of their bodies
    And is buried in the mud
    Vous tendez la gâchette
    Pour que les autres tirent
    Puis vous vous retirez et regardez
    Alors que le nombre de morts empire
    Vous vous cachez dans vos demeures
    Alors que le sang des jeunes
    S'écoule de leur corps
    Et se fond à la boue
    You've thrown the worst fear
    That can ever be hurled
    Fear to bring children
    Into the world
    For threatening my baby
    Unborn and unnamed
    You ain't worth the blood
    That runs in your veins
    Vous avez jeté la plus terrible peur
    Qui puisse exister
    Celle de mettre des enfants
    Au monde
    Parce que vous menacez mon enfant
    Qui n'est pas encore né et n'a pas encore de nom
    Vous ne méritez pas le sang
    Qui coule dans vos veines
    How much do I know
    To talk out of turn
    You might say that I'm young
    You might say I'm unlearned
    But there's one thing I know
    Though I'm younger than you
    Even Jesus would never
    Forgive what you do
    En sais-je assez
    Pour prendre ainsi la parole
    Vous pouvez dire que je suis jeune
    Vous pouvez dire que je manque d'expérience
    Il y a cependant une chose dont je suis sûr
    Bien que je sois plus jeune que vous
    C'est que même Jésus ne voudra
    Jamais pardonner ce que vous faîtes
    Let me ask you one question
    Is your money that good
    Will it buy you forgiveness
    Do you think that it could
    I think you will find
    When your death takes its toll
    All the money you made
    Will never buy back your soul
    Permettez-moi de vous poser une question
    Votre argent sera-t-il suffisant
    Pour acheter votre pardon
    Le pensez-vous réellement 
    Je crois que vous constaterez
    Quand l’heure de votre mort sonnera
    Que tout le fric que vous avez amassé
    Ne pourra jamais racheter votre âme
    And I hope that you die
    And your death'll come soon
    I will follow your casket
    In the pale afternoon
    And I'll watch while you're lowered
    Down to your deathbed
    And I'll stand o'er your grave
    'Til I'm sure that you're dead
    Et j'espère que vous mourrez
    Et que votre mort sera proche
    Je suivrai votre cercueil
    Dans la pâleur du jour
    Et je serai là, quand on vous abaissera
    Sur votre lit de mort
    Et resterai auprès de votre tombe
    Jusqu'à ce que je sois sûr que vous n’êtes plus de ce monde.

     

     

     traduction de Valérie Charlez

     


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